Retour d’expérience – Biennale de Venise 2016

06.06.2016  Exposition / Voyages

« Reporting from the front »

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Le slogan de la Biennale de Venise 2016 vient aux nouvelles des combats menés par l’architecture et l’urbanisme dans le monde : surdensité, pauvreté, pénuries des ressources, inégalités sociales ou l’incapacité des villes à adapter leurs politiques à la société moderne. Questionnement moins esthétique, formel ou plastique architecturale que les années précédentes. La prise de conscience que l’architecture et la ville jouent un rôle et doivent prendre leurs responsabilités dépasse la simple définition des beaux-arts.

Pour une grande majorité, les pays participants ont courageusement choisi des projets et des problématiques concernant les conditions d’urgence. Le pavillon de l’Allemagne par exemple, a dédié l’ensemble de l’exposition aux conditions d’accueil des réfugiés des gares sur leurs territoires. Un sujet d’actualité où les réponses architecturales sont bien secondaires par rapport aux impacts sociaux et économiques. Le débat est ouvert pour savoir là où l’environnement bâti s’arrête et que l’homme commence à aménager les villes, avec ses diversités culturelles, la pérennité ou la propriété des lieux. La construction s’efface-t-elle devant l’humanité ?

D’autres problématiques ont été exposées, comme les exclusions communautaristes des populations occupant des villes. A Khayelitsha township en Afrique de Sud, le centre urbain été physiquement fracturé par des travaux d’infrastructures inachevés en raison d’une politique locale corrompue. Il faut ajouter à cela les rites culturels considérés comme non-sanitaires. La communauté a travaillé pour reconnecter la gare au marché grâce à la réappropriation de la bretelle abandonnée qui a été transformé en une large passerelle ; laquelle a été réalisée pour accueillir un marché de médecine traditionnelle à ciel ouvert. Ainsi ont été résolus à la fois les problèmes d’urbanisme et ceux des pratiques clandestines. Le résultat est une destination populaire, source d’identité culturelle de la ville.

Ailleurs, les villes sont devenues des théâtres de violences et de révolutions, et ce en partie à cause de leur incapacité à délivrer leurs promesses de sécurité, emploi, abris et ressources élémentaires essentielles. Notre époque a vu le basculement de la vie rurale à la vie urbaine avec des densités de populations de plus en plus intenses. Terres agricoles et espaces publics ont laissé place à une urbanisation informelle et rampante. Le projet de Medellin, en Colombie a été présenté comme un exemple audacieux et un puissant antidote au phénomène de violences urbaines. Par sa métamorphose spectaculaire, Medellin a crée un précèdent. Dos au mur, elle fait face à ses problèmes et a trouvé salut dans la réappropriation de ses propres richesses.

Peut-être que l’enseignement principal de cette Biennale est une prise de conscience que, dans le développement des métropoles du futur, bien au delà de nos utopies théoriques, l’architecture est désormais intimement liée aux problématiques sociales extrêmes.

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