La Galerie Vivienne

29.07.2014  Croquis

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Je recommande à tout architecte et connaisseur de visiter les célèbres galeries couvertes et de plonger dans une histoire parisienne : celle de ses passages.

Située entre le Palais Royal, grand lieu public de commerces & divertissements et le Palais Brongniart, temple des affaires et de la finance de la Bourse, la Galerie Vivienne marque une époque de la construction de Paris.

A peine 30 ans après la révolution, la France replonge sous une gérance royaliste soutenue par des groupes financiers intéressés. Une forte spéculation donne lieu à de nombreux projets immobiliers. De 1820 à 1856 sur l’axe Louvre-Bourse, plus de 150 passages couverts et galeries commerçantes perceront au travers des immeubles.

Financée par la Chambre des Notaires Marchoux, la Galerie Vivienne offre de nouvelles distractions, des boutiques splendides, des restaurants animés dans un décor attrayant. C’est dans l’intimité des sillons que les salons de jeux se propagent, lieux de rencontres éphémères, et autres divertissements d’une société élégante et souvent libertine. Cette promiscuité sociale crée une alchimie très prospère pour certains mais attire un monde interlope, bien décidé à en arracher quelques bribes.

Tel un catalyseur précurseur des grands magasins, ces galeries étroites, ornées de fresques et de sculptures, regorgent de symboles d’allégresse et d’abondance. Le style romantique avec des renvois aux nostalgies antiques, rappelle la politique du moment. Ses scènes parisiennes évoquent la comédie « les enfants du paradis » où le tout Paris vivait dans les rues, les théâtres populaires et les petits passages extraordinaires : tout ce que la capitale peut offrir en luxe et en plaisirs. Les murs des galeries murmurent une ambiance aguicheuse, les sols vibrent d’une espérance pompéienne et les verrières troubles effacent les saisons pour créer un perpétuel labour de joies mélancoliques.

Ce phénomène architectural et social ne dure qu’une courte période de l’histoire de Paris. L’empire contre attaque sous Napoléon III avec les énormes travaux urbains du Baron Haussmann et la création de grandes avenues et boulevards, l’Opéra et les grands magasins.  C’est la fin des petites boutiques charmantes, rencontres cupides, et jeux de hasard. La nouvelle vision de la capitale est plus lumineuse, hygiénique et mieux gouvernée. Il ne reste qu’une poignée de ces passages couverts et galeries d’autrefois. Quelques marques de luxe et haute couture continuent à y avoir une adresse comme Jean-Paul Gaultier ou Christian Lacroix, qui trouvent sans doute une appartenance au lieu et son histoire.

Baladez-vous dans la ville et ne loupez pas les passages du début du 19e siècle.

Tom Sheehan

 

La Galerie Vivienne,
6, rue Vivienne paris 75002
Réalisé par l’architecte François Jean Delannoy en 1823 pour la Chambre des Notaires Marchoux

 

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